Nos anciens témoignent.
Fermer l’école de Tarnac ?!!!
Il était une fois…
Quand j’ai vu le film « Etre et Avoir », j’ai pensé à l’école de Tarnac. Au delà de la polémique, tout le monde sait la carrière que le film a fait. Pourquoi ?… A cause de son authenticité… A cause de la qualité de vie de cette classe silencieuse, classe unique où les enfants vivaient loin du stress, en harmonie avec la nature et les saisons, au rythme qui était le leur… Escargot, escargot, tu glissais tranquillement ce jour sur le lino, tandis que le poêle ronronnait sur la neige tombant à gros flocons derrière la vitre… Succès pour cause de bol d’air, envie et nostagie…
C’était un village d’Auvergne pas très loin de Tarnac, un village à la vie rude comme le nôtre… Car Tarnac, ce sont nos étés d’enfance, la beauté de la nature, le tic-tac de la comtoise, le craquement des genêts dans la cuisinière, l’odeur des champignons, des confitures, les vaches aux longs cils bruns et le silence, surtout le silence, luxe suprême de notre époque… Silence plein de vie vraie…
Tarnac c’est la pérennité des traditions, la rigueur du granit, des toits d’ardoise et la liberté… L’école s’ouvre sur des chemins remplis d’oiseaux, sur les bois, les myrtilles, les girolles et les mûres, chemins d’écoliers buissonniers où l’on se perdait jusqu’au champ des rameaux… Promenade au Rio, où on lavait le linge à genoux sur une pierre plate auprès de nos grand-mères, chemin de la Vienne où les micas miroitent sur le sable entre les rochers – nous étions orpailleurs dans des flaques de lumière !…
Fermer l’école, au-delà des servitudes et complications pour les habitants serait un symbole – une fermeture à la vie sur une terre qui crie la liberté… Pire, ce serait la poésie qui meurt… Nos morceaux d’enfance déchirés, nos souvenirs piétinés, une page tournée sur les anciens qui comme ma mère dégringolait la ruelle des Trois Sœurs, le visage encore tout barbouillé de lait…
Tarnac de granit et d’ajoncs, terre froide et roide, énergie druidique comme une Bretagne sans la mer, Tarnac magique sous les lucioles, Tarnac sous les eaux qui ruissellent, Tarnac blessé, repeuplé, Tarnac doit vivre et l’école est le premier maillon… Ecole de pierre particulière, vraie maison et non Tepperware pour massification, un village sans cris d’enfants à la récréation ? Un village en jachère ? Un village sans repères ? … NON !!!… Gardons-là comme notre enfance et l’innocence, notre maison d’école …
Anne-Marie WEILER.
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