Notre Eglise
Les feuilles sèches envahissent les marches
En descente du porche de St-Gilles et St-Georges
Où le preux chevalier tient droite son épée.
L’épaisse porte cloutée s’ouvre alors
Sur l’ombre profonde,
Humide, brune et grise,
Sous la fraîcheur des ogives
De notre haute et vieille Eglise.
L’odeur de crypte, de fleurs qui se fanent
Dans des vases bleus et or,
Se mêle à celle des cierges qui flambent.
Par endroit, une fine mousse
Tapisse le rebord des niches de pierre.
Les nuages et les anges de la voûte
Ont encore pâli.
Leurs contours se perdent dans l’infini
D’un ciel délavé.
Le diadème de la Vierge
Etincelle pourtant comme pour le plus beau
Des mois de Marie.
Son rosaire égraine inlassablement
Les larmes retenues,
Les suppliques, les litanies
Accumulées depuis des années
En cantiques, dans ce lieu béni.
M.A. Feuillat
Octobre 1981.